Ce n’est pas un article sur une recette de fêtes de fin d’année ! Enfin, j’imagine que si vous êtes ici c’est que vous cherchez peut-être des pistes en cas de foie gras (humain) non alcoolique. Cette expression cache une réalité de plus en plus fréquente de nos jours, pas loin de devenir un trouble de civilisation : un foie surchargé de graisse, ce qui n’est pas sain du tout. Elle touche aujourd’hui des millions de personnes, souvent qui ne le savent pas.
=> => Quand elles l’apprennent, généralement la 1ère réaction est « mais je ne consomme pas ou que peu d’alcool ». En fait, cela s’appelle la NASH (Non-Alcoholic SteatoHepatitis), ou stéatose hépatite non alcoolique : donc rien à avoir avec l’alcool. De même, un foie ne devient pas gras quand on consomme du gras (trop de mauvais gras n’est certes pas bon).
Derrière ce trouble silencieux se trouve un déséquilibre global du métabolisme, souvent lié à notre mode de vie occidental : alimentation ultra-transformée, sédentarité, stress chronique, excès de sucre… The good news : il est possible d’agir, naturellement, en s’attaquant aux causes plutôt qu’aux symptômes. C’est là que la naturopathie prend tout son sens 😊 : en agissant sur l’hygiène de vie globale. Notamment, nous verrons l’importance de la résistance à l’insuline comme facteur. Tout cela en complément, bien sûr, de votre suivi médical.
Allons voir de plus près ce qu’est la NASH, comment elle s’installe, et surtout : quelles solutions naturelles explorer en cas de foie gras.
Qu’est-ce que ce foie gras / NASH (avant de parler des solutions naturelles) ?
Avant d’aborder les solutions naturelles, qu’est-ce que le foie gras non alcoolique / NASH ? C’est un trouble chronique du foie. Il fait partie de ce qu’on appelle la NAFLD (Non-Alcoholic Fatty Liver Disease).
Il s’agit d’une accumulation excessive de graisses – les triglycérides (vous les avez probablement déjà vu dans une prise de sang – dans les cellules du foie, sans consommation excessive d’alcool. Ce trouble peut, à la longue, évoluer vers des troubles plus graves.
Qui est concerné ?
Et elle progresse à vitesse grand V dans la population : on en voit de plus en plus en cabinet de naturopathie (en plus du suivi médical). 20 à 30 % des adultes en Europe sont touchés, et même jusqu’à 60-70 % chez ceux souffrant de diabète de type 2 ou d’obésité abdominale.
Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, la NASH ne touche pas que les personnes en surpoids. Des personnes minces mais métaboliquement déséquilibrées (inflammation de bas grade, résistance à l’insuline, triglycérides élevés) peuvent aussi en souffrir. On peut les appeler parfois « TOFI » (Thin Outside, Fat Inside : mince d’apparence seulement). Donc on peut être mince et avoir un foie gras, car on a du mal à gérer les sucres.
La NASH est liée au syndrome métabolique ou syndrome X : soit l’association d’au moins 3 des 5 critères suivants :
- Tour de taille élevé (graisse viscérale abdominale)
- Glycémie à jeun élevée (ou diabète de type 2)
- Taux de triglycérides élevé
- Taux de « bon » cholestérol (HDL) trop bas
- Hypertension artérielle
Un trouble multifactoriel
La NASH ne survient pas par hasard ou d’un coup. Elle se construit dans le temps, suite à une hygiène de vie laissée à désirer et de ce fait, plusieurs déséquilibres:
- Trop de graisses et de sucres dans l’alimentation, en particulier le fructose industriel (sirop de glucose-fructose)
- Une résistance à l’insuline qui favorise le stockage du gras dans le foie
- Une inflammation chronique de bas grade (une inflammation qu’on ne sent pas forcément, à bas bruit)
- Un manque de mouvement, empêchant la régulation du métabolisme
- Un microbiote déséquilibré (dysbiose intestinale), qui peut perturber l’axe intestin-foie
C’est pourquoi on ne peut pas juste « s’occuper du foie » : il faut envisager l’ensemble du terrain, comme nous le faisons en naturopathie.
Il est bien conseillé de faire le point avec son médecin, qui pourra vous proposer des analyses de sang appropriées, échographie… L’intérêt d’une détection précoce, c’est d’éviter que la simple stéatose n’évolue vers des troubles encore plus importants.
Petit focus sur la résistance à l’insuline : le cœur du problème
La NASH est souvent la conséquence hépatique de la résistance à l’insuline.
La résistance à l’insuline, c’est quand les cellules ne répondent plus correctement à l’insuline, cette hormone chargée de faire entrer le sucre dans les cellules (comme une petite clé pour ouvrir la porte des cellules et faire rentrer le sucre dans la cellule, qui en a besoin !). Résultat : le sucre reste dans le sang, le pancréas s’épuise à sécréter plus d’insuline, et le corps se met à stocker davantage le sucre… notamment sous forme de graisses / triglycérides dans le foie.
En naturopathie : un terrain à rééquilibrer
Bonne nouvelle : le terrain, ça se travaille ! Et c’est là que la naturopathie excelle : rétablir une hygiène de vie globale, adaptée à chacun, pour :
- Réduire l’inflammation
- Relancer la sensibilité à l’insuline
- Alléger la charge toxique du foie
- Et permettre à l’organisme de se rééquilibrer naturellement
- La perte de poids (même de 5-10%) peut être bénéfique, si elle n’est pas faite n’importe comment.
Le travail sur le syndrome métabolique est donc fondamental pour gérer la NASH à la racine.
L’alimentation
On évitera:
- Le sucre sous toutes ses formes, en particulier le fructose industriel (sirop de glucose-fructose, boissons sucrées, produits light), souvent caché !
Mais attention hélas aussi aux sirops dits « naturels » comme ceux d’agave, de ri, et donc aussi les jus de fruits. Bien évidemment aussi les sodas
- Les produits ultra-transformés : plats préparés, charcuteries, snacks industriels, céréales du ptt déj, confiseries, …(vous voyez le combo jus de fruit + céréales du ptt déj ?)
- Les mauvaises graisses : fritures, margarines industrielles, huiles végétales chauffées
- L’alcool, car bien sûr, le foie gras peut aussi l’être en cas de grosse consommation.
On favorisera :
- Les légumes à volonté, surtout les légumes verts, amers, riches en fibres et les choux notamment, et notamment le cru, source d’anti-oxydants (le foie en a besoin).
- Les protéines maigres
- Tout ce qui permet d’abaisser la glycémie du repas (dont les aliments à index glycémique bas / modéré) : donc oui aux féculents, il n’est pas question de les retirer, mais de choisir les bons !
- OK aux fruits aussi mais en quantité raisonnable, et accompagnés d’oléagineux, ou à la fin du repas si ça ne vous cause pas de ballonnements
- Curcuma, gingembre, ail, romarin, cannelle
- Huiles de qualité : huile d’olive crue, huile de lin …
Le mouvement : un anti-NASH naturel
L’activité physique a tout bon. Elle permet de :
- améliorer la sensibilité à l’insuline
- stimuler la circulation sanguine et lymphatique
- favoriser la détoxification naturelle.
Les plantes et compléments, aussi solutions naturelles en cas de foie gras
Je ne citerai ici que certaines plantes et compléments solutions naturelles en cas de foie gras, il y en davantage, mais certains sont à employer dans des cas particuliers, et de ce fait, je ne souhaite pas en parler sur ce blog.
– Le chardon-Marie, protecteur et régénérant hépatique, fait partie des grands classiques dans ce cas.
– Le N-Acétyl-Cystéine (NAC) est un précurseur du glutathion, puissant antioxydant hépatique.
– Je ne peux pas ne pas mentionner le trio dont mes consultants entendent quasi toujours parler avec moi :
- la vitamine D (même s’il semblerait qu’elle soit plus difficilement métabolisée chez les personnes ayant un foie gras, et qu’il faille des doses plus importantes).
- Les omégas 3
- Le magnésium : Un déficit étant lié à la NASH et à la résistance à l’insuline…si jamais vous n’en preniez pas déjà pour vous soutenir en cas de stress et/ou fatigue.
– Enfin, citons les probiotiques, qui agissent sur l’axe intestin-foie, qui a un rôle important dans les troubles hépatiques chroniques, et aident à réduire l’inflammation.
Il ne s‘agit pas de prendre de tout ça en continu (enfin, sauf éventuellement le trio).
Attention également, on choisit les plantes / compléments en fonction du terrain, du bilan vital naturopathique, et aussi des précautions d’emploi / contre-indications (non citées ici) : l’accompagnement personnalisé est la clé.
Dans tous les cas, quand on parle de solutions naturelles en cas de foie gras, on commencera toujours commencer par l’hygiène de vie, et non par les gélules. Les compléments ne remplacent pas une assiette équilibrée, ni l’activité physique.
Je suis Céline Jablonski, praticienne naturopathe à Paris et en visio, certifiée, adhérente au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie, et formatrice en école de naturopathie. J’aide les personnes à retrouver un équilibre physique et émotionnel via les techniques naturopathiques (alimentation, activité physique, gestion du stress, usage de plantes…).
Via ce blog, je vous partage d’une manière accessible des connaissances et expériences que je trouve utiles, pour vous permettre d’aller mieux.
Ces conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver de consulter votre professionnel de santé.