La qualité du sommeil est un pilier fondamental du bien-être global et de la vitalité. Pourtant, nombreux sont ceux qui souffrent de troubles du sommeil chroniques sans en comprendre l’origine. L’une des causes souvent négligées est le déséquilibre thyroïdien. Cette glande en forme de papillon régule le métabolisme, la température corporelle, le niveau d’énergie, l’humeur, et de manière indirecte… notre sommeil. Mais notre sommeil l’affecte aussi… (le serpent qui se mord la queue).
Qu’il s’agisse d’hypothyroïdie (fonctionnement ralenti) ou d’hyperthyroïdie (fonctionnement accéléré), nous allons donc voir les liens entre thyroïde et sommeil. Nous verrons aussi des pistes pour sortir de ce cercle vicieux. Car la fatigue engendrée par un mauvais sommeil, en sens inverse, n’aide en rien les problèmes de thyroïde, au contraire !
Lien entre thyroïde et sommeil
En cas d’hypothyroïdie
L’hypothyroïdie est caractérisée par une production insuffisante des hormones thyroïdiennes T3 et T4, essentielles au bon fonctionnement de chaque cellule du corps. Ce ralentissement général du métabolisme dû à l’hypothyroïdie peut avoir un impact sur le sommeil.
D’un côté, les personnes atteintes d’hypothyroïdie se sentent souvent très fatiguées en journée, et souvent épuisées au réveil même en ayant dormi leur quota d’heures. Leur sommeil est souvent peu réparateur.
Cette fatigue chronique peut s’expliquer entre autres par une baisse de la production d’énergie cellulaire, et une désynchronisation du rythme circadien.
D’un autre côté, les troubles du sommeil peuvent prendre la forme d’insomnies ou de réveils nocturnes multiples, ou de réveils précoces. Le manque d’hormones thyroïdiennes affecte la production de sérotonine et de mélatonine, 2 neurotransmetteurs essentiels pour l’endormissement et le maintien du sommeil. De plus, certaines personnes souffrent de jambes sans repos, un trouble lié à des carences (fer, dopamine) qu’on peut retrouver chez les personnes souffrant d’hypothyroïdie.
Le sommeil peut également être perturbé par des apnées, surtout lorsque l’hypothyroïdie provoque un gonflement des tissus mous de la gorge (ou un surpoids qui peut être une des causes d’apnée aussi). Sans compter les symptômes physiques comme la frilosité, les raideurs musculaires ou les douleurs articulaires, qui gênent l’endormissement voire le sommeil. Enfin, l’hypothyroïdie peut induire une humeur dépressive ou anxieuse, affectant directement la qualité du repos nocturne.
On peut aussi observer chez certaines personnes une « courbe du cortisol inversée » : il y a un déséquilibre du cortisol, avec des taux faibles en journée (et fatigue persistante le matin) mais élevés le soir, surtout en cas de coucher tardif (regain d’énergie le soir, et donc difficultés à s’endormir).
A contrario, pour pouvoir bien fonctionner, la fonction thyroïdienne a besoin d’un juste niveau de cortisol (ni trop, ni trop peu).
En cas d’hyperthyroïdie
À l’inverse, l’hyperthyroïdie entraîne une production excessive d’hormones thyroïdiennes. Cette « hyperstimulation » entraîne un état d’agitation permanente, y compris la nuit.
Les personnes se plaignent fréquemment d’insomnies, de difficultés à s’endormir ou de réveils précoces. Leur cerveau semble constamment en activité, incapable de basculer en mode repos… ce qui les épuise ! La fatigue peut être aussi un signe d’hyper, comme d’hypo. La production excessive d’adrénaline et de noradrénaline favorise un état d’hypervigilance, ce qui rend le sommeil superficiel ou inexistant.
D’autres symptômes viennent aggraver la situation : palpitations nocturnes / tachycardie, sueurs / transpiration excessive, nervosité anormale / anxiété généralisée, tensions musculaires et amaigrissement rapide. La faim nocturne, provoquée par une combustion rapide des calories, est également fréquente. Tous ces éléments perturbent la continuité du sommeil et empêchent d’atteindre les phases de récupération profonde. L’inversion du cycle du cortisol eut aussi se retrouver dans ce cas.
Pistes naturelle pour le sommeil en cas de troubles de la thyroïde
En naturopathie, on s’attache à soutenir l’organisme dans sa globalité. L’objectif ici est triple : soutenir en douceur le métabolisme (dans un sens comme dans l’autre), apaiser le système nerveux pour favoriser un sommeil de qualité, et soutenir la fonction thyroïdienne et les causes de dysfonctions (comme l’inflammation, le terrain auto-immun…).
L’alimentation
L’alimentation joue un rôle central. On veillera à apporter les micro/nutriments nécessaires à la fonction thyroïdienne et aux neurotransmetteurs. On évitera les régimes trop restrictifs ou pauvres en protéines, qui ralentissent encore davantage la thyroïde. On attachera de l’importance à abaisser l’inflammation notamment en s’occupant des intestins, la flore intestinale et du possible leaky gut.
On fera aussi attention à lisser au maximum la glycémie, responsable parfois de réveils nocturnes.
L’hygiène de vie et l’hygiène du sommeil
Vous les avez déjà probablement lus, donc je vais passer vite :
- Garder au maximum les mêmes horaires de sommeil
- Sortir tôt le matin / voir la lumière du jour
- Pratique d’un sport plutôt tôt que tard
- Eviter la caféine, surtout passé 14h (ou au moins, selon les personnes) / l’alcool / le sucre
- Eviter les plats riches au dîner (mais éviter de se coucher le ventre vide aussi)
- Eviter les écrans / lumière bleue 2h avant le coucher
- Idéalement s’endormir avant 23h pour un meilleur sommeil
- Nuit noire dans la chambre coucher (et si besoin masque pour les yeux, et d’ailleurs aussi boules quies)
- Routine de coucher apaisante : respiration, méditation, musique douce avant de s’endormir
Plantes et compléments pour soutenir le sommeil en cas de troubles de la thyroïde
Bien sûr, on cherchera à soutenir la fonction thyroïdienne pour un meilleur sommeil (l’objet ici n’est pas de décrire ce qu’il faut faire pour cela : il y a d’autres articles qui en parlent déjà).
Envisager des pistes pour mincir s’il y a surpoids et apnée du sommeil (pas de régime restrictif ! mais équilibré).
Vérifier côté minéraux qu’il n’y a pas de manque : magnésium, fer (pas de supplémentation en fer sans prise de sang préalable montrant un manque), …et de même avec certaines vitamines (je pense notamment à certaines vitamines du groupes B qui agissent directement ou indirectement sur le sommeil).
Côté phytothérapie, certaines plantes peuvent aider à s’endormir, à être plus apaisé / moins anxieux (moins le petit vélo dans la tête). Mais attention, certaines plantes ne sont pas compatibles si on est en hypo ou en hyperthyroïdie. Par exemple, l’ashwagandha est de plus en plus connue : mais comme elle aide à augmenter le taux d’hormones thyroidiennes, elle est contre-indiquée en cas d’hyperthyroïdie. J’ai déjà eu le cas de plusieurs client.e.s en hyper, qui en prenaient, pensant bien faire. La valériane (sédative) et la mélisse aident à abaisser le taux d’hormones thyroïdiennes…donc attention en hypo ! (bien sûr, cela dépendra aussi du dosage).
Comme dit précédemment, si besoin, on utilisera des plantes et / ou compléments aidant à réguler la glycémie (mais l’hygiène de vie est primordiale, et cela ne sert à rien de prendre des compléments si l’alimentation / l’activité physique ne suivent pas).
Les réveils nocturnes sont souvent attribués au « foie » en naturopathie (et MTC), et ceux plus tard, à des soucis de régulation de la glycémie. .. A vérifier donc. On pourra regarder aussi du côté de la digestion, et des intolérances alimentaires.
Il y aurait d’autres pistes, mais allez, un petit dernier pour la route : la glycine qui peut aider à avoir un sommeil plus récupérateur. On en prend 3g avant le coucher.
Je suis Céline Jablonski, praticienne naturopathe à Paris et en visio, certifiée, adhérente au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie, et formatrice en école de naturopathie. J’aide les personnes à retrouver un équilibre physique et émotionnel via les techniques naturopathiques (alimentation, activité physique, gestion du stress, usage de plantes…).
Via ce blog, je vous partage d’une manière accessible des connaissances et expériences que je trouve utiles, pour vous permettre d’aller mieux.
Ces conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver de consulter votre professionnel de santé.