Pendant des années, le discours nutritionnel a été dominé par la chasse aux graisses, la peur du gras: produits 0 %, aliments allégés, peur du gras.
On en est revenu (enfin, j’espère). On sait aujourd’hui que le vrai problème n’était pas là, mais plutôt du côté des sucres cachés et des aliments ultra-transformés.
Le vocabulaire a changé, mais le risque est le même.
Désormais, tout est “healthy” (bon, j’exagère un peu): snacks, boissons, petits-déjeuners (certaines céréales du petit déj avec Nutriscore A
), quasi tous les rayons de supermarché sont touchés.
Manger healthy est devenu une tendance… dont l’intention est bonne, mais ….
Healthy ne signifie pas forcément équilibré, adapté ni même bénéfique pour l’organisme.
On peut très bien manger “sain” sur le papier et pourtant manquer d’énergie, mal digérer ou créer des déséquilibres.
Dans cet article, je vous propose de décrypter 4 erreurs fréquentes de l’alimentation healthy (pour ne pas dire « piège).
Erreurs de l’alimentation healthy : ce qu’il faut retenir:
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Healthy ne veut pas dire équilibré.
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Bio ne protège pas de l’ultra-transformé.
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Manger healthy mais trop peu ou déséquilibré n’est pas bon pour le corps.
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Snacker healthy toute la journée reste du grignotage.
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Ce qui compte, c’est ce que le corps digère et assimile.
1e erreur fréquente : l’étiquette “aliment healthy”
Voici une 1e erreur fréquente de l’alimentation healthy, c’est cette étiquette, tout le marketing derrière, et l’ultra-transformé (y compris le bio parfois).
Le mot healthy est présent un peu partout. Sur les emballages, dans les rayons, sur les réseaux sociaux. Pourtant, il ne repose sur aucune définition nutritionnelle claire.
Un produit peut se dire healthy tout en étant fortement transformé.
Barres “énergie”, biscuits bio, pain sans gluten (à composition à rallonge), laits végétaux aromatisés, burgers végétaux ou snacks protéinés : beaucoup de ces produits affichent une image saine, alors qu’ils contiennent des ingrédients (ultra)raffinés, des sucres concentrés, des huiles transformées, des additifs ou des arômes.
Le label bio ajoute souvent une confusion supplémentaire. Bio signifie que les ingrédients respectent un cahier des charges agricole. Cela ne dit rien du degré de transformation, ni de l’équilibre nutritionnel final du produit ! (bien sûr je ne suis pas contre le bio).
Le problème n’est pas de consommer ces produits occasionnellement, mais de les intégrer comme base quotidienne, en pensant bien faire. Leur faible pouvoir rassasiant, leur structure industrielle et leur impact sur la glycémie entretiennent souvent fatigue et fringales.
Une règle simple pour y voir plus clair :
plus un produit a besoin de se justifier sur son emballage, plus il a d’ingrédients, moins il est probable qu’il soit réellement sain au quotidien.
Manger healthy… mais complètement déséquilibré
Autre piège courant : associer alimentation healthy à « légumes » ou alimentation légère, voire minimale. Autrement, les ingrédients sont healthy, mais le plat ne l’est pas, car pas équilibré.
Assiettes composées presque uniquement de légumes, salades géantes, jus verts, plats très pauvres en calories : sur le papier, tout est irréprochable, mais pas si on regarde dans la globalité, si on ne mange que ça. Dans le corps, cela peut se traduire par fatigue chronique, sensation de froid, fringales, fonte musculaire ou dérèglements hormonaux.
Le corps a besoin de matière pour fonctionner :
- des protéines pour les tissus et la masse musculaire, et plein d’autres choses,
- des lipides pour les hormones et le système nerveux, etc
- des glucides adaptés pour soutenir l’énergie quotidienne.
Manger sain ne signifie pas manger moins, ni manger toujours léger.
Une alimentation trop restrictive, même “healthy”, met le corps en économie, ralentit le métabolisme et crée souvent un terrain favorable aux compulsions, à l’hypothyroïdie.
Snacks et boissons healthy à longueur de journée
Le grignotage version healthy est devenu assez fréquent.
Une poignée d’oléagineux… peut-être multipliée par 3 fois par jour, une barre bio, un smoothie, un latte végétal, des energy balls (récemment, j’ai reçu une consultante consommant au petit déj une energy ball (ce n’est pas une critique ; c’est à cause de la mésinformation).
Ces aliments peuvent avoir leur place bien sûr, mais pas n’importe quand, n’importe comment, si c’est tous les jours. Le problème apparaît quand ils sont consommés régulièrement.
Même healthy, grignoter empêche le corps de retrouver de vrais temps de repos digestif. La glycémie est sollicitée en permanence, l’insuline aussi, ce qui favorise fatigue, baisse de concentration et envies de sucre. Les energy balls (mieux faites soi-même), super, mais pour le sport (en tout cas pas au ptt déj, quand le corps a besoin surtout de protéines et non de sucre).
Il en est de même quand il s’agit de certaines boissons, cela peut faire partie des grignotages. On va se méfier ou faire attention aux sodas, mais se dire, allez, ok pour :
- un smoothie : finalement, un concentré en sucres si fait à base de fruits uniquement,
- un golden latte ou autre latte : même si la boisson végétale est sans sucre ajouté, l’index glycémique sera élevé s’il s’agit d’avoine ou de riz (mieux : amandes).
Une alimentation équilibrée repose avant tout sur des repas structurés et suffisamment nourrissants. Les snacks doivent rester ponctuels (oui le goûter est autorisé dans beaucoup de cas), et non devenir le socle de l’alimentation.
Manger équilibré et healthy… mais ne pas digérer
Last but not least / Dernier piège (enfin, c’était une liste non exhaustive), souvent sous-estimé : manger parfaitement sur le papier, mais mal digérer.
Je peux ainsi voir en consultation des clientes « modèle niveau alimentation » (je peux même me demander : que vais-je pouvoir lui apporter ?), mais avec tout de même des troubles (divers, digestifs, inflammatoires, …). La digestion peut être en jeu ici. L’alimentation semble top, mais est-elle bien mastiquée ? consommée sans stress ? bien digérée, assimilée ? individualisée = est-ce vraiment ce qu’il faut à cette personne, sur son terrain actuel ?
Contre les erreurs fréquentes de l’alimentation healthy : conclusion
L’alimentation healthy n’est ni une performance, ni une liste d’aliments autorisés ou interdits.
Le véritable enjeu est l’équilibre : des repas nourrissants à base d’aliments le moins transformés possible, digérés, pris à un rythme cohérent, et individualisé.
Sans excès. Sans gavage….Et sans frustration non plus
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Je suis Céline Jablonski, praticienne naturopathe à Paris et en visio, certifiée, adhérente au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie, et formatrice en école de naturopathie. J’aide les personnes à retrouver un équilibre physique et émotionnel via les techniques naturopathiques (alimentation, activité physique, gestion du stress, usage de plantes…).
Via ce blog, je vous partage d’une manière accessible des connaissances et expériences que je trouve utiles, pour vous permettre d’aller mieux.
Ces conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver de consulter votre professionnel de santé.