Prévention du cancer du sein et naturopathie

Le cancer du sein est l’une des principales causes de mortalité chez les femmes dans le monde. La génétique joue un rôle dans certains cas, et des facteurs environnementaux et liés au mode de vie peuvent aussi influencer le risque.

La naturopathie a pour but avant tout la prévention. Bien sûr, la naturopathie ne prétend absolument pas réduire tout risque à 0. Il est fortement conseillé de consulter votre docteur / gynécologue régulièrement dans le cadre de la prévention du cancer du sein (personnellement, à mon cabinet de naturopathie, je vois un certain nombre de femmes qui n’ont pas eu de rdv gynécologique depuis des années – plus de 2 ans). Et j’insiste : cet article ne parle que de prévention. En cas de maladie avérée, il est indispensable de consulter votre docteur.

Un ouvrage entier pourrait être consacré à ce thème, donc forcément j’ai fait des choix. Plus spécifiquement, par rapport à la naturopathie et à la prévention du cancer du sein, j’aborderai l’auto-palpation des seins, les techniques classiques telles que l’alimentation, la gestion du stress, et l’usage de certaines plantes. Les sources sont tout en bas de l’article.

 

Naturopathie et prévention des cancers, dont du sein

D’une manière générale en naturopathie, en prévention de tout cancer / dont du sein, il est important d’équilibrer la balance acide-base, de lutter contre les inflammations, notamment de bas grade, de soutenir son système immunitaire, et ses capacités anti-oxydantes (se pencher sur un excès d’insuline, qui stimule aussi la production de facteurs de croissance etc etc).

Je ne vais pas m’étendre sur tous ces points-là ici, même si en fait c’est la base, mais applicable à tout cancer.

 

L’auto-palpation : un geste méconnu de beaucoup

naturopathie cancer sein prevention

L’auto-palpation mammaire est une méthode simple que chaque femme peut pratiquer (recommandée par uniquement par les naturopathes !). Elle consiste à examiner ses propres seins de manière régulière afin de détecter d’éventuelles anomalies, comme des « boules », des gonflements ou des changements de texture. Ce geste préventif permet de repérer rapidement tout changement inhabituel dans les tissus mammaires, favorisant ainsi une détection précoce d’éventuels problèmes.

C’est pourquoi les autorités sanitaires et les professionnels de la santé encouragent les femmes à pratiquer régulièrement cet auto-examen, idéalement une fois par mois / entre le 7ème et le 10ème jour après le premier jour des menstruations.

Pour réaliser correctement une auto-palpation mammaire, quelques étapes simples doivent être suivies :

  1. Se tenir debout devant un miroir, observer la forme, la taille et la symétrie des seins, en portant attention aux changements visibles comme une rougeur ou un écoulement.
  2. Lever le bras du côté du sein à examiner et, avec les doigts de l’autre main, palper délicatement en effectuant des mouvements circulaires.
  3. Examiner l’ensemble du sein, y compris la zone de l’aisselle, et vérifier s’il y a des masses ou des zones dures.
  4. Répéter l’opération en position allongée pour mieux ressentir les différentes textures du sein.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter les ressources disponibles auprès de la Ligue contre le cancer.

 

L’impact des toxiques et autres perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques capables de déséquilibrer le système hormonal / endocrinien. Ces substances sont hélas largement répandues dans notre vie moderne. Plusieurs études ont montré le lien entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et l’augmentation du risque de cancer du sein. Selon une étude, des substances comme le bisphénol A (BPA) et les phtalates, présents dans certains plastiques, peuvent imiter l’action des œstrogènes dans le corps, provoquant une croissance excessive des cellules mammaires et contribuant potentiellement à la formation de tumeurs. Une autre étude a montré que l’exposition à certains pesticides est associée à un risque accru de cancer du sein.

Attention notamment dès le plus jeune âge, selon certaines études.

cancer du sein prevention naturopathie-cosmetique-perturbateurs endocriniens

Le rôle de l’alimentation dans la prévention du cancer du sein

L’alimentation joue un rôle déterminant dans la prévention du cancer du sein.

Il y a le rôle des anti-oxydants. Mais aussi :

L’importance des légumes crucifères

Les légumes crucifères, comme le brocoli, le chou, le chou-fleur et les choux de Bruxelles, sont riches en composés bioactifs tels que le Diindolylméthane (DIM) et l’indole-3-carbinol (I3C), 2 molécules reconnues pour leurs effets protecteurs contre le cancer. Ces composés aident à moduler le métabolisme des œstrogènes, en réduisant la formation de formes actives d’œstrogènes capables de favoriser la prolifération cellulaire. Une étude publiée dans le Journal of Nutrition a démontré que la consommation régulière de ces légumes était associée à une réduction significative du risque de cancer du sein, en raison de leur capacité à réguler l’équilibre des hormones. Le DIM a montré des effets anticancéreux en agissant sur les récepteurs des œstrogènes et en favorisant la détoxification des xénoestrogènes, des composés chimiques imitant les œstrogènes dans l’organisme.

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Aliments riches en oméga-3

Les acides gras oméga-3, présents notamment dans les poissons gras sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Une inflammation chronique dans l’organisme peut créer un environnement propice à la prolifération des cellules cancéreuses. Des études, comme celle publiée dans Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, ont montré qu’un apport élevé en oméga-3 était associé à une réduction du risque de cancer du sein, en particulier chez les femmes post-ménopausées.

 

Limiter les graisses saturées, viandes transformées et alcool

Une consommation excessive de graisses saturées et de viandes transformées a été associée à une augmentation du risque de cancer du sein. Selon une étude publiée dans The International Journal of Cancer, les femmes qui consomment fréquemment des viandes rouges et des charcuteries présentent un risque accru de développer un cancer du sein. Les graisses saturées, présentes dans les viandes, les produits laitiers transformés et les aliments frits, peuvent contribuer à l’inflammation et favoriser la prolifération cellulaire.

De même, la consommation d’alcool est un facteur de risque bien établi du cancer du sein. Une étude de The Lancet Oncology a montré qu’une consommation d’alcool, entre modérée et élevée, augmentait significativement le risque.

Éviter les sucres ajoutés et les aliments ultra-transformés

Les aliments riches en sucres ajoutés et ultra-transformés peuvent également augmenter le risque de cancer du sein. Ils sont associés à une résistance à l’insuline, à l’inflammation et à l’obésité, trois facteurs de risque majeurs. Une étude publiée dans Cancer Research a montré que les femmes qui consommaient de grandes quantités de sucre raffiné avaient un risque plus élevé de développer un cancer du sein en raison de la stimulation de la prolifération des cellules cancéreuses via l’insuline.

Attention au, au barbecue, cuisson à haute température et formation de AGE (produits de glycation avancé), de nombreux aliments transformés…

 

L’iode et le cancer du sein

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L’iode est un nutriment essentiel à la santé mammaire et à l’équilibre hormonal, dont celui de la thyroïde. Des études ont montré que l’iode jouerait un rôle protecteur contre la formation de nodules et la prolifération cellulaire dans les tissus mammaires. Par exemple, les femmes japonaises, dont l’alimentation est riche en algues (source d’iode), auraient un taux de cancer du sein beaucoup plus faible qu’ailleurs dans le monde. Cette étude suggère que l’iode pourrait contribuer à la réduction des risques de cancer du sein – car bien sûr, d’autres facteurs sont également en jeu.

Sources naturelles d’iode et précautions à prendre :

Parmi les sources naturelles d’iode, on retrouve principalement les algues (comme le wakame, le kombu), les poissons (surtout crus) et fruits de mer, car l’iode est volatil (donc salière de sel iodé ouverte = moins d’iode ; cuisson = moins d’iode). Attention cela dit si problèmes de thyroïde, bien que l’iode soit indispensable à la fonction thyroïdienne : en cas d’hyperthyroïdie, il est généralement déconseillé de consommer des produits iodés, et en cas de Hashimoto, mieux vaut faire attention aussi : les anticorps peuvent flamber s’il y a excès d’iode, et surtout manque de sélénium / anti-oxydants.

Plantes et compléments

Je vous invite à vérifier les précautions d’emploi et contre-indications de chaque élément cité ci-dessous.

Le CBD : des effets prometteurs dans la prévention du cancer

J’en parle ici simplement car je viens de finir la lecture du livre « CBD » de Marco Pietteur et Fabien Piasco (éditions Medicatrix) qui le mentionnait. Je le lisais notamment dans le but de comprendre les effets sur la douleur et la relaxation – deux causes fréquentes de consultation – et j’ai découvert ses possibles effets sur la prévention du cancer du sein (entre autres). Le cannabidiol (CBD), un composant non psychoactif du cannabis, pourrait inhiber la croissance des cellules du cancer du sein en réduisant leur capacité à migrer et à envahir d’autres tissus.

De plus, il semblerait que le CBD ait un effet anti-inflammatoire et antioxydant, contribuant ainsi à créer un environnement moins favorable à la prolifération tumorale. Toutefois, ces résultats sont encore exploratoires et nécessitent des recherches supplémentaires pour mieux comprendre son action et déterminer les doses efficaces.

 

Les champignons médicinaux

cancer du sein prevention naturopathie-Reishi

Les champignons médicinaux, comme le reishi, le chaga, le maitake et le shiitake, sont de plus en plus étudiés pour leurs propriétés anticancéreuses. Ils sont riches en bêta-glucanes, des polysaccharides qui stimulent le système immunitaire et augmentent la capacité à combattre les cellules tumorales. Ce sont également de bons antioxydants.

Une étude publiée dans Oncology Reports a révélé que les extraits de reishi (ganoderma lucidum) peuvent inhiber la prolifération des cellules du cancer du sein et induire leur apoptose (mort cellulaire naturelle).

Selon une étude parue dans Biomedicine & Pharmacotherapy, les extraits de chaga (inonotus obliquus) ont la capacité d’inhiber la croissance tumorale en activant certaines voies immunitaires et en réduisant l’inflammation chronique, qui, comme je l’ai brièvement évoqué dans l’introduction, un facteur clé dans la progression des cancers.

Le curcuma et ses puissants effets antioxydants et anti-inflammatoires

Le curcuma (surtout la curcumine) est l’un des antioxydants les plus puissants utilisés dans la prévention du cancer. Une étude publiée dans Cancer Letters a révélé que la curcumine pouvait inhiber la croissance des cellules cancéreuses mammaires. De plus, la curcumine favorise l’apoptose de ces cellules, sans affecter les cellules saines. A noter qu’on parle ici de complément, car le curcuma ajouté en tant qu’épice dans l’alimentation ne contient que peu de curcumine.

Les antioxydants

Les antioxydants sont des composés qui neutralisent les radicaux libres, responsables du stress oxydatif et des dommages cellulaires. Un excès de radicaux libres dans l’organisme est lié à l’inflammation chronique et à la mutation des cellules, des conditions favorisant le développement de cancers, y compris celui du sein.

Parmi ces antioxydants: la vitamine C, le resvératrol, les polyphénols du thé vert, le curcuma ….Idéalement dans l’alimentation, voire en supplémentation.

 

Activité physique et gestion du stress : 2 autres techniques de naturopathie dans la prévention du cancer du sein

Si l’alimentation est considérée par la 1e technique, le mouvement et la gestion du stress sont les 2 autres techniques principales en naturopathie, incluant dans la prévention du cancer du sein.

L’activité physique régulière est un élément à ne pas négliger dans la prévention du cancer du sein. Un exercice modéré, comme la marche rapide, le yoga ou la natation, réduirait le risque en améliorant la circulation sanguine, en régulant les niveaux hormonaux, et en limitant la prolifération. Une étude publiée dans Cancer Epidemiology a démontré que les femmes pratiquant une activité physique modérée au moins 3 heures par semaine réduisent leur risque de 30 %.

La gestion du stress est aussi essentielle, car un stress chronique affaiblit le système immunitaire et favorise l’inflammation, deux facteurs de risque du cancer.

 

 

Je suis Céline Jablonski, praticienne naturopathe à Paris et en visio, certifiée, adhérente au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie, et formatrice en école de naturopathie. J’aide les personnes à retrouver un équilibre physique et émotionnel via les techniques naturopathiques (alimentation, activité physique, gestion du stress, usage de plantes…).

Via ce blog, je vous partage d’une manière accessible des connaissances et expériences que je trouve utiles, pour vous permettre d’aller mieux.

Ces conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver de consulter votre professionnel de santé.

Sources:

https://www.mdpi.com/1422-0067/21/23/9139

https://www.mdpi.com/1660-4601/18/5/2375

https://www.mdpi.com/1660-4601/18/5/2375 https://academic.oup.com/nutritionreviews/article-abstract/74/7/432/1752161?redirectedFrom=fulltext&login=false https://www.sciencedaily.com/releases/2010/07/100708071349.htm https://breastcancer-news.com/2018/11/02/processed-meat-consumption-linked-higher-breast-cancer-risk-review-study/

https://www.breastcancer.org/research-news/high-fat-diet-linked-to-breast-cancer https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10710195/ https://www.who.int/europe/news/item/15-07-2021-new-data-reveal-alcohol-drinking-patterns-that-most-likely-led-to-cancer-in-2020 https://www.mdanderson.org/publications/cancer-frontline/study-links-high-sugar-intake-to-increased-breast-cancer-risk.h00-159063189.html https://www.mdpi.com/2073-4360/13/9/1441

https://www.spandidos-publications.com/10.3892/mmr.2015.4655 https://presse.inserm.fr/wp-content/uploads/2017/01/2006_01_20_CP_ActivPhysetCancsein.pdf