Trop de fer dans le sang: quels sont les traitements naturels ?

Avant-propos: j’écris ici « traitements naturels », mais il s’agit de « propositions naturelles », n’ayant aucunement la prétention de soigner. Le terme « traitement » est réservé à la médecine. La naturopathie « ne soigne pas », elle accompagne le bien-être de la personne.

 

Le fer joue dans l’organisme un rôle essentiel dans le corps humain : il intervient dans la constitution de l’hémoglobine (pour le transport de l’oxygène), dans la constitution de nombreux enzymes, …

Il est important d’avoir ce qu’on appelle un « bon statut martial » c’est-à-dire les indicateurs sanguins du fer corrects (à noter que cet article ne parle pas du bilan martial), et en l’occurrence, avoir une ferritine dans les normes santé. Une carence n’est pas souhaitable, mais un excès non plus, et l’excès fait justement l’objet de cet article aujourd’hui. Nous allons voir quels sont les traitements naturels quand il y a trop de fer dans le sang (propositions naturelles) que peut proposer la naturopathie.

Il reste primordial de consulter son médecin, qui fera faire les analyses adéquates et posera un diagnostic, et puis de suivre les indications de celui-ci. Ensuite seulement les propositions ci-dessous de naturopathie peuvent venir en complément.

Problèmes d’un excès de fer

Souvent le docteur posera le diagnostic d’hémochromatose (1 personne sur 300). Mais un excès de fer peut aussi venir d’une alimentation inadéquate. Dans tous les cas, l’excès de fer est délétère pour l’organisme, car le fer est pro-oxydant.

Un excès de fer a été associé à un risque accru notamment de :

  • problèmes cardiaques tel l’infarctus,
  • de syndrome métabolique, aussi nommé syndrome X : il s’agit de signes qui accroissent le risque de diabète de type 2, de pathologies cardiaques et d’AVC. Il est caractérisé par un tour de taille important dû à un excès de graisse abdominal, de l’hypertension, une résistance à l’insuline, une dyslipidémie.
  • de fatigue chronique,
  • de maladies neuro dégénératives telles Alzheimer et Parkinson.

Contrairement à de nombreux autres minéraux, la particularité du fer est qu’il ne s’élimine que très peu. Il est donc ingéré via l’alimentation, mais ne s’excrète presque pas. Bien sûr, pour les femmes qui ont leurs menstruations, la perte de fer sera augmentée, et ce selon le degré d’abondance des règles. Egalement, une hémorragie (interne ou externe), et la desquamation (= l’écaillage) d’une couche constituant les intestins (l’épithélium) participent aussi à la perte de fer.

Voyons à présent quels sont les traitements naturels quand il y a trop de fer dans le sang.

Les aliments à éviter : 1er traitement naturel quand il y a trop de fer dans le sang

Le fer héminique est le fer provenant d’une source animale. Il est mieux absorbé que le fer non héminique (végétal) : à hauteur de 25% environ (selon les sources), contre 5% environ pour les sources végétales. Aussi, il est conseillé de réduire sa consommation de fer héminique, notamment :

  • la viande rouge,
  • les abats,
  • le boudin noir,
  • les fruits de mer (telles les huîtres, les moules, les palourdes).

Le 1er traitement naturel en cas de trop de fer dans le sang est donc d’éviter ces aliments qui contiennent beaucoup de fer bien assimilable. La consommation de viande blanche contient deux fois moins de fer. A noter que la cuisson augmente l’apport en fer.

De plus, ces aliments favorisent l’acidité gastrique (nécessaire à une bonne digestion), qui elle-même augmente l’absorption du fer.

Nous ne parlerons pas ici des aliments riches en fer non héminiques car ils sont moins bien absorbés, ni des aliments très riches en fer mais consommés en très petite quantité (exemple du thym).

Attention aussi à certains produits industriels qui contiennent un ajout de fer : par exemple, certaines céréales industrielles sont enrichies en minéraux dont du fer.

Enfin, outre les sources alimentaires de fer bien, certains multi-vitamines contiennent du fer, il est donc conseillé de vérifier attentivement les compositions. 

Attention aux aliments favorisant les excès de fer : 2eme traitement naturel quand il y a trop de fer dans le sang

Certains aliments favorisent l’absorption du fer, il faut donc éviter de les consommer en même temps qu’un aliment source de fer. Les aliments sources de vitamine C augmentent l’absorption du fer (non héminique surtout). Il s’agit du citron et autres agrumes, du persil, de certains fruits (kiwis…), des poivrons…

De même, si vous consommez un complément de vitamine C (acide ascorbique) ou de vitamine A, prenez loin d’un repas contenant une source de fer.

Il est aussi conseillé d’éviter la prise concomitante d’aliments sources de fer et de probiotiques ou aliments en contenant car ceux-ci augmenteraient l’absorption du fer (mais à un autre repas, n’hésitez pas !) : légumes lacto-fermentés dont la choucroute, cornichons, kombucha etc.

Par ailleurs, la consommation d’alcool aide à la libération du fer qui est stocké, et est donc à éviter en cas d’excès de fer.

Les aliments riches en tanins à consommer quand il y a trop de fer dans le sang

Consommés au cours du même repas, certains aliments peuvent chélater (= emprisonner) le fer, mais aussi d’autres minéraux : il s’agit des tanins, qui sont des polyphénols (anti-oxydants). C’est un mécanisme de défense de la plante. Ils limitent donc l’absorption du fer. On trouve parmi eux :

– le thé, noir surtout mais vert aussi

– le café,

– le cacao,

– le curcuma,

– le romarin.

Il en est de même pour les phytates, qui chélatent le fer mais aussi d’autres minéraux. Les phytates sont des anti-nutriments que l’on trouve dans les légumineuses, les céréales complètes, les oléagineux ; ils « captent » les minéraux contenus dans ces mêmes aliments. Cet effet est inhibé par un trempage préalable dans de l’eau, par la pré-germination, ou par une fabrication avec du levain (pour le pain).

Ainsi, consommer des tanins ou des plantes riches en phytates limitent l’absorption du fer, ce qui est le but recherché en cas d’excès de fer. Le problème sur le long terme est l’inhibition de l’absorption des autres minéraux. Si cela est possible, il convient donc de consommer les aliments avec tanins ou phytates en même temps que l’aliment source de fer, mais de faire attention le reste du temps en ce qui concerne les autres aliments, afin de ne pas créer de carence.

Conclusion

Il est très important d’être suivi par son docteur quand il y a trop de fer dans le sang, les traitements naturels évoqués venant seulement en complément. Pour résumer, il s’agit d’éviter les aliments riches en fer de source animale surtout, et d’éviter la consommation d’alcool. Attention aux aliments riches en vitamine C ou en probiotiques consommés avec un aliment riche en fer car l’absorption sera augmentée. Par contre, favorisez les aliments et boissons riches tanins et les céréales complètes qui emprisonneront une partie du fer, qui de ce fait sera moins absorbé. Si vous avez un doute sur cette partie alimentation, n’hésitez pas à contacter votre naturopathe.

Sources :

  • L’ANSES : ciqual.anses.fr
  • “The effect of a natural polyphenol supplement on iron absorption in adults with hereditary hemochromatosis” (2022) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35320401/
  • “Dietary Iron Intake and Body Iron Stores Are Associated with Risk of Coronary Heart Disease in a Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies” (2014) doi:10.3945/jn.113.185124
  • “Probiotic strain Lactobacillus plantarum 299v increases iron absorption from an iron-supplemented fruit drink: a double-isotope cross-over single-blind study in women of reproductive age” (2015)
  • Iron neurochemistry in Alzheimer’s disease and Parkinson’s disease: targets for therapeutics (2016) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26545340/

Je suis Céline Jablonski, praticienne naturopathe à Paris et en visio, certifiée, adhérente au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie, et formatrice en école de naturopathie. J’aide les personnes à retrouver un équilibre physique et émotionnel via les techniques naturopathiques (alimentation, activité physique, gestion du stress, usage de plantes…).

Via ce blog, je vous partage d’une manière accessible des connaissances et expériences que je trouve utiles, pour vous permettre d’aller mieux.

Ces conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver de consulter votre professionnel de santé.